Catégorie : Finance Verte

UE-Chine : Pour un rapport de force constructif – quels enjeux autour du pré-accord de principe sur l’Investissement?

Par Philippe Coste, Pierre-Noël Giraud, Stéphane Gompertz, Henri de Grossouvre, Fatima Hadj, Brice Lalonde, François Loos, François Quentin, Joël Ruet, Raphaël Schoentgen, Alex Wang, avec Clarisse Comte et Claire Thomas.

Au terme de sept années de négociations, l’Union Européenne et la Chine sont parvenues à un accord d’investissement le 30 décembre 2020. Alors que Pékin souhaite y voir la promotion d’un « haut degré d’ouverture », l’UE aspire à travers ce traité à établir une « égalité des conditions de marché ».

Pour mener à bien ce projet, il reste à trouver un équilibre entre les intérêts stratégiques propres à chacun et les objectifs communs sur lesquels s’entendre… et à trouver des pistes pour agir concrètement.

Retrouvez la note d’analyse :

  • Ce traité prévoit l’intensification des relations économiques et commerciales entre l’UE et la Chine. Il garantit aux investisseurs de l’UE un plus large accès à la Chine et contribue aussi à la mise en place de conditions de concurrence plus équilibrées.
  • Des pistes de collaborations sont ici proposées, dans le domaine politique (place de la Chine dans les organisations internationales, polygouvernance), juridique (normes internationales, ESG), industriel (mobilité, décarbonation, rôle des PMEs), économique, environnemental, scientifique, technologique (transition énergétique, capture du carbone, hydrogène, nucléaire, nouvelles énergies), financier (introduction coordonnée de prix du carbone) et culturel.
  • Il s’agit pour l’UE de faire valoir avant tout et de manière coordonnée avec les pays membres ses intérêts stratégiques lors du processus de ratification.

Il faut traiter sérieusement les enjeux de long terme de la souveraineté technologique, de la compétition entre blocs, toutes causes possibles de « stop and go » dans les relations bilatérales.

Malgré les freins identifiés, le maintien d’un dialogue ouvert mais précis entre l’UE et la Chine est essentiel. L’Union Européenne doit continuer sa mue et faire respecter sa montée en puissance diplomatique tant en interne de l’UE que dans sa relation à la Chine : au-delà des relations d’État à État, c’est à l’UE en tant que communauté de négocier les termes d’une nouvelle relation bilatérale avec la Chine. C’est par cette voie qu’elle confirmera son statut de « puissance d’équilibre ».

5 ans après l’Accord de Paris : entreprises et leviers d’action climatique dans un monde en crise

La Société d’encouragement pour l’industrie nationale (SEIN), fondée en 1801 avec le soutien officiel de Napoléon, a organisé un webinaire intitulé “5 ans après l’Accord de Paris : entreprises et leviers d’action climatique dans un monde en crise “. Cet événement a eu lieu le 16 décembre 2020, pour le cinquième anniversaire de la COP21.

Lors de la séance plénière, des discours d’introduction ont été prononcés par Olivier Mousson, président de la SEIN, Sylvianne Villaudière, vice-présidente, Jean-Pierre Cordier, président de la Commission internationale, et Joël Ruet.

Lors de son introduction au panel “Finance et Climat, quel effet de levier”, Joël Ruet a fait valoir que le facteurs clé de la réussite du sommet de la COP21 a été l’engagement du Maroc à convaincre les pays africains et le Groupe des 77 des Nations Unies de signer l’Accord de Paris. Il a souligné le rôle du soutien des pays du Sud à cet accord, d’autant plus que celui-ci était censé les accompagner dans leur transition écologique. La plupart des investissements qui participent à la croissance mondiale seront bientôt majoritairement dirigés vers les pays du Sud, et nous devons veiller à ce que ces investissements soient durables et soutiennent l’agriculture, les mesures sociales et l’innovation (notamment par des transferts de savoir-faire technologiques). Des produits financiers doivent être développés pour les projets de taille moyenne, comme il en existe déjà pour les petits et grands projets. L’Europe doit suivre et être suivie par le reste du monde si elle veut atteindre ses objectifs de manière efficiente. Il est également essentiel que l’Union européenne joue un rôle dans les normes d’analyse des données brutes. Les pays du Sud doivent avoir accès aux taux d’intérêt négatifs de la même façon que les pays du Nord afin de se développer équitablement.

Parmi les autres intervenants figurait Bertrand Badré, ancien directeur général et directeur financier de la Banque mondiale, Emmanuelle Mourey, Présidente du Directoire La Banque Postale Asset Management, Christian Brodhag, maître de conférences à l’école des Mines (Saint-Etienne) et ancien délégué interministériel au développement durable, Anne Girault, professeur de l’association ABC, et Monica de Virgiliis, présidente de Chapter Zero France.

 

T20- Passation entre l’Arabie saoudite et l’Italie

La passation de la présidence du T20 entre l’Arabie saoudite et l’Italie a eu lieu le 30 novembre 2020. Les anciens présidents du T20 des présidences précédentes argentine, japonaise et saoudienne ont assisté à cet événement afin de souligner la continuité des travaux et des recherches du T20. The Bridge Tank est membre du T20 depuis 2016, et participera aux travaux de la présidence italienne en 2021.

 

A l’occasion de cette passation, un débat a été organisé sur des thèmes tels que les leçons tirées des présidences passées, les défis et priorités de la présidence italienne, et les défis à venir pour le multilatéralisme. Parmi les principaux intervenants de ce débat figuraient Pietro Benaéssi, sherpa du G20 pour l’Italie, Fahad M. Alturki, président du T20 pour l’Arabie saoudite, Paolo Magri, président du T20 pour l’Italie, Julia Pomares et Gustavo Martinez, présidents du T20 pour l’Argentine, Naoyuki Yoshino, président du T20 pour le Japon, et Ettore Greco et Antonio Villafranca, coordinateurs du T20 pour l’Italie. Ce débat était présidé par James McGann, directeur du programme “Think Tanks and Civil Societies” de l’Institut Lauder de l’Université de Pennsylvanie.

Conférence Horasis Asia 2020

Durant la conférence annuelle Horasis Asia, qui a rassemblé 400 des plus éminents dirigeants d’entreprises et responsables politiques de la région et du monde, les intervenants ont échangé à propos des perspectives pour parvenir à surmonter les profonds bouleversements économiques, politiques et sociaux causés par la COVID-19. Cet événement a eu lieu le 30 novembre 2020.

A cette occasion, Joël Ruet a assuré la modération de l’un des panels intitulé “L’investissement ESG dans l’Asie post-COVID”. Parmi les intervenants figuraient Ara Brutian, directeur et responsable de l’innovation numérique chez Sustainalytics, Rajiv Lall, directeur général et vice-président d’Infrastructure Development Finance Company, Kai Dai, PDG de Young Sustainable Impact Greater China et président du Kylin Prime Group, et Arun Sharma, président de Grovepike Associates. Ce panel a mis en avant que la structuration des données et les normes étaient au centre des investissements post-COVID, et a également souligné que la crise de la COVID devait être considérée comme une opportunité d’investissement. Les intervenants ont également noté le retour des Etats-Unis en Asie en termes d’investissements. La divulgation  volontaire (voluntary disclosure) et l’engagement ont été identifiés comme des éléments clés de l’avenir de la finance, en particulier avec la montée des problèmes générationnels.

Forum sur les objectifs de développement durable 2030 des Nations unies

Ban Ki-moon, ancien secrétaire général des Nations unies, Liu Zhenmin, sous-secrétaire général des Nations unies, Justin Yifu Lin, doyen honoraire de l’École nationale du développement de l’université de Pékin et ancien premier vice-président de la Banque mondiale, Yves Leterme, ancien premier ministre belge, James Kimonyo, ambassadeur du Rwanda en Chine, Jeffrey Sachs, directeur du Réseau des solutions de développement durable des Nations unies et professeur à l’université de Columbia, Zhang Linxiu, directrice du Programme des Nations unies pour l’environnement – Partenariat international pour la gestion des écosystèmes, et Sandrine Nduwimana du Conseil des affaires Chine-Afrique, figuraient parmi les principaux orateurs du Forum sur les objectifs de développement durable 2030 des Nations unies et l’expérience de la Chine en matière de réduction de la pauvreté. Cet événement a été co-organisé par The Bridge Tank et le Think Tank CGTN. Il a eu lieu les 17 et 18 septembre 2020 en ligne, et a rassemblé plus de 140 représentants de 39 pays.

 

Parmi les suggestions pour atteindre les objectifs d’éradication de la pauvreté figuraient l’introduction d’un revenu de base temporaire pour les personnes situées juste en dessous ou au-dessus du seuil de pauvreté, des programmes de déparasitage, ainsi que des investissements dans la santé des enfants, les droits des femmes et les possibilités d’éducation. L’éthique et la gestion humaine doivent être au centre du processus de construction d’un monde durable sans pauvreté.  

Cet événement a été diffusé sur CGTN, CCTV News, People’s Daily, Xinhua et Xinwenlianbo.

Réunion du groupe de travail sur le ciblage des prix du carbone couplé à un mécanisme d’ajustement aux frontières

The Bridge Tank a contribué au groupe de travail «Task Force on Carbon Pricing in Europe» piloté par l’ancien ministre de l’économie Edmond Alphandéry. 

Avec les encouragements de Pascal Canfin, Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen, il rassemble des ministres, membres du Parlement européen, des représentants de groupes de réflexion, des universitaires, des membres du monde des affaires, ainsi que des autorités européennes et des décideurs de divers États membres de l’UE. 

L’énorme défi pour surmonter la crise de Covid-19 ne doit pas cacher le plus inquiétant qui nous attend: le réchauffement climatique. Au niveau européen, la «loi européenne sur le climat» qui vise à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 entend à juste titre créer un «environnement commercial prévisible pour les industries et les investisseurs». 

À cet égard, cet événement a examiné l’introduction du ciblage de la tarification du carbone dans le système européen d’échange de quotas d’émission. Cibler un prix prévisible du carbone dans le temps dans l’ETS éliminerait sa volatilité actuelle. Cet environnement de prix stable pour la prise de décision en matière d’utilisation de l’énergie serait une puissante incitation pour les entreprises à réduire de manière prévisible les émissions de carbone et donc à stimuler les investissements dans la transition énergétique. En tant que tel, cet appareil aiderait grandement à atteindre l’objectif «zéro émission nette de gaz à effet de serre» du Green Deal. Cette rencontre a également exploré les enjeux économiques et sociaux liés à l’introduction de cette mesure et s’est concentré sur la mise en œuvre d’un mécanisme d’ajustement du carbone à l’UE.

Ces propositions ont rencontré un fort intérêt des décideurs européens, de Frans Timmermans et Pascal Canfin aux ministres de quatre pays réunis, et des personnalités telles que Pascal Lamy ou Laurent Fabius. 

Réunion de travail avec Pascal Canfin, Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen

A l’invitation d’Edmond Alphandery, ancien ministre de l’économie, aux côtés de Pascal Canfin (Président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen) et  l’ancien ministre des Finances italien Siniscalo – aujourd’hui VC chez Morgan Stanley, Joël Ruet a contribué à l’atelier pan-européen sur le prix du carbone dans le cadre de la réforme de l’EU ETS et du mécanisme d’ajustement aux frontières, réunion, incluant plusieurs ministres européens et les DG de l’UE. Il a notamment plaidé pour un prix du carbone comme outil économique principal mais sans exclure des outils-relais pour certaines énergies en cours de déploiement comme l’hydrogène, et la possibilité de fonds d’appui à la transition pour les technologies en cours de maturation  ou d’ici à ce que le prix du carbone atteinte des valeurs seuil.

Dans une discussion directe avec Frans Timmermans, (vice-président exécutif de la Commission européenne), et les principaux économistes de la commission Macron sur l’économie, ainsi que Pascal Lamy ancien directeur général de l’OMC portant sur «L’accord vert européen et le rôle de la tarification du carbone ». M. Timmermans a partagé avec nous son optimisme sur les énergies nouvelles, sur toutes les industries vertes qui s’accélèrent aujourd’hui, dont l’hydrogène, dans un horizon à terme de triplement de l’électrification de l’énergie européenne en plein avec une sortie du charbon. Il a également partagé son souhait d’une vision originale européenne sur un volontarisme énergétique partagé avec l’Afrique. Un grand moment de débat.

Lors de la dernière session de la journée, organisée par cet excellent groupe de travail sur le prix du carbone mis en place par Edmond Alphandery, ancien ministre de l’économie, Jochen Flasbarth, secrétaire d’État à l’environnement, à la conservation de la nature, à la construction et à la sûreté nucléaire au ministère fédéral allemand, Leonore Gewessler, ministre fédérale autrichienne  de l’action pour le climat, de l’environnement, de l’énergie, de la mobilité, de l’innovation et de la technologie,Hugo Morán, secrétaire d’État espagnol de l’Environnement,Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre français de la transition écologique, conviennent que l’UE devrait aller vers un mécanisme d’ajustement du carbone à la frontière et en discuter avec la Chine et l’Inde. Brune Poirson a ajouté la dimension du financement climatique et de l’acceptation sociale – la France et l’Allemagne sont alignées sur ce point.

Joël Ruet y a rappelé l’impératif de tenir compte des opportunités de transformation énergétiques de l’Europe du Sud, thématique validée par M. Flasbarth et Mme Gewessler.

Laurent Fabius  a fait une évaluation de l’Accord de Paris sur le Climat et la contribution que la nouvelle «équipe de l’UE peut y apporter. Dans un cadre qui doit rester compatible avec l’OMC, la tarification du carbone et l’ajustement des prix du carbone aux frontières progressent. M. Fabius a en outre plaidé pour une concertation ou du moins une information auprès de nos partenaires, dont l’Inde et la Chine, sujet auquel The Bridge Tank est attentif. 

Conférence du G20: Recommandations politiques pour un monde post-COVID-19

 Joel Ruet a présenté les recommandations du groupe de travail convoqué par The Bridge Tank sur la finance climat: Structurer et renforcer le financement climatique implique de se concentrer sur la différenciation entre les différents appétits pour le risque, et d’en favoriser l’accès aux acteurs du Sud.

Tant la mobilisation de 100 milliards de dollars pour le climat pour 2020 qu’une promesse d’objectif renouvelé pour 2025 restent insaisissables. Les négociations sur le climat se dirigent vers une impasse. Le Fonds vert pour le climat, le plus important parmi les fonds multilatéraux pour le climat, vise « un impact plus important sur l’atténuation et l’adaptation qui changent de paradigme ». 

Afin d’encourager les flux privés supplémentaires, le G20 devrait soutenir la stratégie du GCF consistant à accréditer efficacement davantage d’acteurs du Sud, à devenir un facilitateur de la fusion nord-sud-sud des finances publiques-privées et d’un Fonds de « prise de risques instruit ». Cela désamorcerait la crise des négociations climatiques et accompagnerait la structuration du financement climatique.


Notre Policy Brief “Promouvoir l’accès direct des acteurs du Sud au Fonds vert pour le climat pour réduire les risques et augmenter les flux de financement climatique”, a été rédigé par Joël Ruet, Alessia Ameghini, Adel Ben Youssef, Ban Le, Celine Bak, Alexandre Borde, Paolo Giudici, Axel Michaelowa, Kang Rongping, Aman Srivastava, Leena Srivastava, Anbumozhi Venkatachalam.

En conversation – partager les fruits de la croissance

Lors du G20 / T20 auquel The Bridge Tank participait, le vice-ministre des Finances saoudien a déclaré que les organisations multilatérales avaient réussi à assurer l’efficacité mais avaient échoué dans la distribution – elles «se sont concentrées sur la création de croissance plutôt que sur le partage des fruits» 

Il a planifié des promesses de dons pour la stimulation multilatérale pour la promotion des intérêts nationaux et communs de la population – illustrant les transitions démographiques et l’emploi dans le Sud.

C’est dans ce sens que va notre proposition de Policy Brief visant à étendre l’inclusion des agences financières du Sud dans l’accès au Fonds Vert Mondial.

The Bridge Tank a participé au Forum de lancement du G20/Think20 2020 à Riyadh

Lors de cette réunion nous avons exposé nos idées et notre argumentaire pour un Policy Brief aux dirigeants du G20 portant sur l’amélioration de l’impact du Fonds Vert Mondial et suggérant l’appui du G20 à la nouvelle stratégie 2020-2023 développée par le Secrétariat du Fonds.

L’équipe rédactrice du Policy Brief sera dirigée par The Bridge Tank, implique plusieurs nos membres, ainsi que des contributeurs originaires de Tunisie, Chine, Inde, Indonésie, Allemagne, Italie et de France.

Au cours des 5 dernières années, nous nous sommes engagés régulièrement auprès du groupe de travail “Finance et changement climatique” du T20. Lorsque les dirigeants du G20 décident de s’unir, les solutions sont prêtes grâce à des groupes d’engagement comme le T20. Nos idées ont reçu un accueil chaleureux de la présidence saoudienne du G20 et des équipes mondiales du T20.

En plénière, le Prince Turki al Faycal bin Saud, longtemps chef des services de renseignement saoudiens, a prononcée le discours inaugural et promu la diversification des modes de financement des actions du G20, une approche compatible avec nos propositions politiques sur le Fonds vert pour le climat: accès direct aux fonds pour les pays et les ONG  du Sud.

La Finance Verte – Une Opportunité pour Débloquer les Investissements dans les Projets Verts à Grande Echelle en Afrique

Atteindre les objectifs de la COP21 passe par l’enjeu de faire comprendre aux investisseurs que l’investissement massif dans des projets verts est indispensable en Afrique, et que la finance verte offre différentes possibilités pour des investissements attractifs et intéressants. En pratique, plusieurs exemples probants montrent que certains véhicules financiers permettent de remédier aux limites en terme de risques, intrinsèques au financement de projets « verts » et résilients au changement climatique, et satisfaire les exigences en terme de retour sur investissement et d’évaluation du risque.

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