Auteur/autrice : the_bridge_tank

Conférence des Nations Unies sur les Océans : notre issue brief sur l’économie bleue dans le Gofle du Bengal : problèmes communs, expertise partagée ?

A l’occasion de la conférence des Nations Unies sur les océans à Lisbonne, co-organisée avec les gouvernements du Kenya et du Portugal, The Bridge Tank et l’Agence française de développement ont le plaisir de partager une note de synthèse sur l’économie bleue dans le Golfe du Bengale.

Ce papier est une synthèse du rapport principal, dans lequel nous avons rassemblé les résultats d’un effort de collaboration d’un an avec les acteurs clés du secteur de l’économie bleue au cours de trois ateliers interactifs avec ceux-ci.

Le Golfe du Bengale est l’une des parties essentielles de la région de l’océan Indien en raison de son potentiel élevé du point de vue géopolitique et géoéconomique. La région de l’océan Indien est une région multipolaire qui contribue à plus de la moitié du PIB et de la population mondiale, et dont le centre d’intérêt principal est l’océan.

Ses écosystèmes et ses ressources naturelles constituent un atout unique pour les pays et territoires de la région. Il est donc essentiel de comprendre et de mesurer l’activité économique liée à cet atout pour développer durablement les économies et les moyens de subsistance concernés.

The Bridge Tank et l’Agence française de développement (AFD) ont co-organisé trois ateliers de novembre 2021 à mars 2022, avec les acteurs du Bangladesh, de l’Inde et du Sri Lanka, afin de discuter et d’échanger des connaissances sur la manière dont ces pays organisent leurs stratégies d’économie bleue.

En particulier, les conversations ont porté sur la manière dont ils définissent leurs stratégies d’économie bleue et proposent des solutions :

  • Évaluer les impacts physiques du changement climatique sur la durabilité des écosystèmes côtiers et océaniques et sur la ressource halieutique,
  • S’adapter à ces impacts sur l’évolution des écosystèmes côtiers, des communautés sociales et des chaînes de valeur.

Avec la participation active de différents centres de la région, les discussions collaboratives ont démontré un haut niveau de savoir-faire, de technicité et de connaissances en termes de collecte d’informations sur le climat, l’élévation du niveau de la mer, les ressources halieutiques et la mise en œuvre de projets pour répondre aux problématiques locales.

Nos points clés sont les suivants :

  • Des résultats communs aux trois pays ont été identifiés, ce qui constitue une base commune pour poursuivre la discussion et identifier des projets ayant une dimension de ressource commune régionale et/ou de bien public mondial :
    • une grande quantité d’activités scientifiques et de groupes de réflexion dans la région et un savoir-faire technique,
    • un défi majeur pour que ces contributions soient coordonnées au niveau régional et ne progressent pas en silo,
    • des questions sur la manière dont la recherche peut se traduire par l’élaboration de politiques au niveau national et régional.
  • Il est nécessaire de comprendre comment l’économie bleue est formalisée au niveau national et comment elle se traduit au niveau le plus bas, ainsi qu’au niveau régional. Il n’existe pas d’outil de suivi, de vérification et de transparence pour soutenir le déploiement d’une économie bleue efficace et efficiente.
  • Quel sera l’impact de la transition climatique sur les politiques de l’économie bleue sur l’ensemble de la population ?
  • La multiplicité des parties prenantes est un problème pour l’amélioration de la coordination à travers la chaîne de valeur de l’économie bleue, ce qui entraîne une fragmentation des décisions et des actions.

Lire l’issue brief ici (en anglais)

Notre board member, Pranjal Sharma, présente son livre « Stronger Together » au Président rwandais, Paul Kagame

A l’occasion du 26ème Sommet des Chefs d’Etat du Commonwealth, qui se tient à Kigali, au Rwanda du 20 au 25 juin 2022, notre board member, Monsieur Pranjal Sharma a rencontré le Président rwandais, Monsieur Paul Kagame. Lors de cette rencontre, il lui a présenté et offert son dernier livre intitulé « Stronger Together : A collection of Essays on Rising Rwanda and Strategic Partnership with India » co-écrit avec Monsieur Abhilash Puljal.

Journée mondiale de l’océan: vers une autre et coopérative “Indo-Pacifique”?

Rapport spécial par The Bridge Tank et l’AFD : Partage des connaissances, expériences et outils de l’économie bleue, l’exemple du Golfe du Bengale

POURCHASSER LE CÔTÉ ÉCOLOGIQUE ET SOCIAL DE L’INDO-PACIFIQUE

On observe une tendance globale à se focaliser sur l’Indo-Pacifique, en mettant principalement l’accent sur les aspects sécuritaires et diplomatiques. Pourtant, face à l’évolution pessimiste du changement climatique et des systèmes océaniques, les notions de développement et de protection d’écosystèmes uniques doivent être au cœur des débats dans une région stratégique, dont les rivages accueillent des centaines de millions de personnes, comme le Golfe du Bengale.

A l’occasion de la journée mondiale de l’océan le 8 juin, The Bridge Tank et l’Agence Française de Développement (AFD) ont le plaisir de partager un rapport spécial sur l’essor et le suivi positif de l’économie bleue dans le Golfe du Bengale, avec un focus tout particulier sur le Bangladesh, l’Inde et le Sri Lanka.

Ce rapport est le résultat d’un effort collaboratif d’un an avec les acteurs clés du secteur de l’économie bleue au cours de trois ateliers interactifs avec ceux-ci.

ORIGINE, MOTIVATION ET CONCLUSIONS DU RAPPORT

L’économie bleue est très débattue par les décideurs politiques. Cependant, elle ne recueille guère de consensus scientifique sur sa définition ou le périmètre de ses enjeux, ni en sciences physiques ni en sciences sociales. Pourtant, elle existe, et il est rare que ses acteurs de fait fassent l’objet d’une enquête ou d’une écoute systématique et qu’ils fassent l’objet d’un rapport accessible.

Nous avons créé un espace de dialogue et rassemblé un catalogue de bonnes pratiques :

  • Dans un contexte où l’économie bleue est aussi l’autre facette des préoccupations sécuritaires autour de la notion de position « Indo-Pacifique », nous avons voulu offrir un espace ouvert et de confiance de parole informée à travers les géographies de l’Asie du Sud et de la France.
  • Le développement sur des ressources partagées doit commencer par des données partagées. En recueillant l’expertise des acteurs locaux, nous avons souhaité leur donner la parole pour participer à la prise de conscience globale des enjeux océaniques. Leur contribution a dévoilé un trésor de compétences et de volontés, qui est à l’origine de notre rapport. Les premières coopérations auxquelles notre exercice a abouti, laissent espérer la possibilité de créer et de gérer conjointement des systèmes de données pour sauvegarder les ressources halieutiques et côtières, développer des infrastructures durables et des connaissances scientifiques régionales. Si tant est qu’il y ait une leçon à retenir, c’est que les centres locaux ont plus de compétences et de connaissances scientifiques sur leur zone tropicale que les organisations mondiales, et que ces dernières peuvent certainement apprendre beaucoup des premiers sur l’avenir des océans mondiaux.

L’objectif principal de la Journée mondiale de l’océan est de sensibiliser un public plus large aux actions collectives. En partageant notre travail, nous souhaitons participer à cette action collective en faveur de la santé des océans et de leurs ressources, et renforcer l’élan mondial en faveur de la protection d’au moins 30 % de nos terres, eaux et océans d’ici 2030 (30×30). 

Lisez notre rapport ici.

À propos des auteurs : The Bridge Tank est un think tank international, à but non lucratif et indépendant, spécialisé dans les économies émergentes et affilié au G20, les industries mondiales, le développement durable et les biens publics mondiaux, partenaire de l’aide bilatérale française dans cette série d’ateliers. L’AFD finance, soutient et accélère les transitions vers un monde plus juste et plus durable. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de la réflexion stratégique et des interventions de l’AFD en matière de développement et de financement dans la région.

Canicule en Inde en plein mois d’avril – Joël Ruet sur France 24

Le samedi 30 avril 2022, notre Président, Joël Ruet s’est exprimé sur la chaîne d’information France 24 au sujet de la canicule qui frappe l’Inde et le Pakistan ces derniers jours. Les températures ont atteint les 46°C dans la capitale indienne New Delhi. Il s’agit d’un événement climatique majeur pour l’Inde, et plus largement pour la planète puisqu’il est exceptionnel que les températures dépassent le seuil de 40°C dans le pays au mois d’avril.

Lors de l’interview, Joël Ruet a souligné 3 principaux points :

  1. La question de l’adaptation pour l’Inde sera plus importante qu’ailleurs. Lorsqu’une augmentation moyenne de la température atteindra 1°C supplémentaire sur la Terre, l’Inde connaitra une augmentation moyenne de 3°C. Les dérèglements climatiques sont et seront donc plus extrêmes en Inde qu’ailleurs.
  2. La canicule actuelle en Inde est un symptôme de la non anticipation de la question de l’adaptation. L’Inde paye de prix du retard d’un certain nombre de réformes et de politiques publiques, notamment sur les questions du traitement des déchets et des décharges.
  3. Des départs de feu dans des décharges restent des phénomènes relativement rares mais demeurent très inquiétants. Ces départs de feu sont provoqués par les émissions de gaz provenant des déchargent – ces gaz s’appellent des émissions fugitives. Il ne faut pas confondre émission, dont la portée est globale, et pollution, qui quant à elle est une problématique locale. L’Inde est l’un des plus grands émetteurs. Les effets de politiques publiques en retard se retournent vers une mauvaise gestion de l’exploitation et de la distribution électrique, l’eau, l’agriculture et également, les émissions fugitives. Si l’Inde limitait ses émissions, elle limiterait également ses pollutions.

Pour revoir son intervention, consultez notre chaîne Youtube.

Joël Ruet participe au webinaire intitulé “COP26 et le Brahmapoutre : Une nouvelle perspective basée sur le cadre de la connaissance du domaine sous-marin (UDA)”

Notre Président, Joël Ruet, a participé au webinaire du 5 mai 2022 sur le thème “COP26 et le Brahmapoutre : Une nouvelle perspective basée sur le cadre de la connaissance du domaine sous-marin (UDA)”. Il s’agit du 5ème webinaire d’une série organisée par le Maritime Research Center et M/S NirDhwani Technology Pvt Ltd.

Sa participation a été l’occasion de poursuivre la conversation sur l’économie bleue entamée avec des acteurs clés, tels que le Maritime Research Center.

Puisqu’il y a beaucoup de solutions sur “l’ingénierie environnementale” venant du sud au sujet des questions fluviales, en particulier du côté indo-africain, Joël Ruet a suggéré de renforcer l’apprentissage croisé en termes d’environnement et d’ingénierie, notamment le stockage de l’eau pour l’hydroélectricité, la régulation de la navigation et la régulation de la vitesse peut avoir un impact positif sur la prévention des catastrophes et la protection de la biodiversité. A condition de procéder à un apprentissage progressif. La COP26 qui a traité de l’intégration de l’environnement à l’adaptation et de l’adaptation à l’atténuation vers des co-bénéfices et des solutions basées sur la nature a ouvert une voie et Joel Ruet a de grands espoirs pour la prochaine COP qui se tiendra en Egypte en novembre. Grâce aux différents échanges sur la région du Brahmapoutre, il a pu apprécier la diversité de connaissances qui devraient être partagées lors de la COP 27. Joël Ruet a terminé son intervention en soulignant que “Nous devons apprendre de l’expérience du Brahmapoutre”.

Risky Business : Les États-Unis devraient repenser leurs relations commerciales avec le Kazakhstan

Un article écrit par notre président, Joël Ruet, sur le défi actuel et croissant que représente pour le Kazakhstan la lutte contre la corruption qui mine les investissements étrangers et le développement socio-économique du pays, a été publié dans le média Entrepreneur.com. Il alerte que “malgré la campagne publique du gouvernement kazakh pour attirer les investisseurs étrangers […], il devra mettre en œuvre des changements fondamentaux, et cela commence par prendre au sérieux la lutte contre la corruption et honorer les accords avec les investisseurs étrangers. D’ici là, les investisseurs américains devraient reconsidérer le risque de faire des affaires au Kazakhstan.”

The Bridge Tank participe au Forum de BOAO 2022 : Promouvoir l’intégration énergétique et construire un monde vert

Le Forum de BOAO 2022 s’est tenu du 20 au 22 avril en mode hybride, ayant pour objectif de conduire un dialogue ouvert dans un monde post-COVID et sur les perspectives de développement commun dans le monde de demain.

Depuis 2018, The Bridge Tank participe au rendez-vous annuel du « Davos chinois ». Notre Président, Joël Ruet est intervenu lors d’un panel de haut niveau en présence de M. Ali Obaid Al Dhaheri, Ambassadeur des Emirats Arabes Unies en Chine, M. Baodong Li, Secrétaire Général, Forum de BOAO et ancien vice-Ministre des Affaires étrangères de Chine, M. Jizhen Liu, Académicien auprès de l’Académie chinoise de l’ingénierie et Directeur du « State Key Laboratory of Alternate Electrical Power System with Renewable Energy Sources », M. Hailiang Song, Président de China Energy Engineering Group Co, M. Jianhua Hu, Président de China Merchants Group et M. Haiping Xiang, ingénieur en chef de l’Administration nationale de l’énergie chinoise.

Dans son intervention, Joël Ruet s’est exprimé sur les enjeux globaux liés à l’intégration et trajectoires énergétiques. Il a souligné l’importance des « technologies de décarbonation profonde » dans l’accélération des émissions nettes zéro à l’horizon 2035-2040. D’ici là, il ajoute que chaque pays ou territoire aura un rôle à jouer pour avoir sa propre « trajectoire de transition », en ne se contentant pas seulement d’ajouter des énergies renouvelables mais aussi de les intégrer aux réseaux avec une utilisation plus rationnelle et efficace.

Joël Ruet a abordé la question de l’adaptation, qui ne doit plus être considérée séparément des autres problématiques. Il illustre ses propos à travers l’exemple des puits de carbone, qui doivent être crées à partir d’écosystèmes optimisés, non seulement en forêts, mais également dans les savanes ou encore les mangroves.

Dr. Ruet a également démontré que les trajectoires énergétiques sont déjà à faible émission de carbone, ce qui est tout particulièrement le cas de l’Afrique et de la plupart des pays du G77. Il est important que ces trajectoires soient reconnues en tant que telles et soient donc financées par le Nord et que les transferts de technologie et de savoir-faire soient financés en conséquence.

En guise de réponse à la question comment mettre en œuvre un soutien mondial aux trajectoires énergétiques du Sud, le Président de The Bridge Tank a proposé deux solutions : premièrement, permettre au Sud de se gérer seul avec plus de financement pour créer des champions locaux, maintenir le commerce du gaz ouvert à eux et s’assurer que leurs puits de carbone soient reconnues comme une incitation à les développer ; Deuxièmement, permettre à leurs entités financières locales de jouer un rôle plus important en reconnaissant que les « risques » sont surévalués par rapport à une rentabilité réellement élevée.

Comme lors de l’édition 2021, Joël Ruet était l’un des trois intervenants français, incarnant le cercle des Think Tanks, aux côtés de Jean-Pierre Raffarin et Henry Giscard D’Estaing, qui eux représentaient respectivement le monde politique et économique.

Voir le programme du Forum de BOAO 2022.

Rapport analytique : La stratégie de la Chine sur la  chaîne de valeur du cobalt – leçons pour l’UE

Les matériaux stratégiques sont omniprésents dans tous les secteurs pertinents pour l’économie verte et la transition énergétique. Concernant le cobalt, il doit sa visibilité actuelle à son utilisation croissante dans les technologies à faible émission de carbone, également appelées technologies vertes (énergies renouvelables et batteries rechargeables). Le cobalt est utilisé comme intrant dans les aimants des éoliennes, et pour la production des cathodes des batteries lithium-ion et nickel-métal-hydrure, qui sont ensuite incorporées dans les véhicules électriques ou hybrides. Dans le contexte actuel d’électrification de la mobilité, le cobalt est donc considéré comme un matériau stratégique. La production de cobalt est cependant l’un des premiers exemples de la répartition inégale des ressources de la planète, le métal étant extrêmement concentré dans un seul pays : la République démocratique du Congo (RDC), qui représente 70% de la production mondiale, et les réserves de la RDC sont contrôlées de manière substantielle par ce qui est désormais devenu un acteur incontournable de la chaîne de valeur du cobalt : la Chine.

Dans la continuité de notre travail analytique sur la stratégie chinoise vis-à-vis des matériaux stratégiques, tels que le cobalt, nous avons produit un rapport visant à étudier et comprendre comment la Chine s’est imposée sur la chaîne de valeur du cobalt, tant en amont qu’en aval, et a progressivement réussi à se construire un avantage comparatif, voire absolu. Ce rapport vise à mener une analyse combinée des stratégies qui ont été mises en œuvre tant par le gouvernement chinois que par les acteurs industriels afin d’acquérir cette position hégémonique sur la chaîne de valeur. Ces stratégies ont permis la constitution d’un écosystème chinois résilient et dominant autour de la chaîne de valeur du cobalt sur la scène internationale.

Lire notre rapport ici (en anglais)

“From COP 26 Glasgow Commitments to COP 27 Egypt Opportunities: The MENA perspective Confirmation”: avec nos Board Members Hakima el Haite et Stephane Gompertz

A l’occasion de la première édition de la Semaine du Climat de la région MENA de la CCNUCC, du 28 au 31 mars, organisée par le gouvernement des Emirats Arabes Unis, Liberal International, dont The Bridge Tank est membre, a organisé le 29 mars un side event virtuel nommé : “From COP 26 Glasgow Commitments to COP 27 Egypt Opportunities: The MENA perspective Confirmation”.

L’objectif de cet événement est d’aborder les défis et les opportunités découlant de l’engagement partagé qui a été convenu lors de la COP 26 à Glasgow, tout en envisageant la COP 27 en Egypte comme une opportunité d’accroître les ambitions. Modérée par la Présidente de l’Internationale Libérale, la championne des Nations Unies pour le climat et membre de notre Board, Hakima El Haite a posé une série de questions à chacun des intervenants.

Parmi eux, notre Board Member, Stéphane Gompertz, était présent en sa qualité d’ancien ambassadeur de France dans les pays africains et d’envoyé spécial pour la COP 21. Il a d’abord été invité à donner son point de vue sur les perspectives de la COP 27.

Sa vision de la prochaine Conférence des Parties reflète les difficultés à augmenter l’ambition climatique et à maintenir les efforts dans un contexte de tensions (COVID-19, guerre entre l’Ukraine et la Russie et guerre au Yémen). Les différentes crises et les guerres actuelles changent les agendas des États et les dépenses publiques. L’argent est davantage dépensé dans les guerres que pour l’action climatique. Les ambitions politiques ne sont pas et ne seront pas aussi élevées que lors des COP 21 et 22. La COP 27, qui aura lieu à Sharm El-Sheikh en Égypte, aura la difficile mission de pousser les efforts des Parties à :

  • Aider à poursuivre les gouvernements et l’opinion publique à se tourner vers l’avenir.
  • Pousser à la recherche de solutions.
  • Continuer à promouvoir les bonnes pratiques dans le domaine de l’adaptation.

Stéphane Gompertz a ensuite expliqué ce qu’il fallait faire pour maintenir les 1,5°C. Il a déclaré qu’il fallait regarder vers l’avenir. Les Etats agissent à court et à long terme. L’énergie est un bon exemple. À court terme, les pays utiliseront davantage de combustibles fossiles. A long terme, nous verrons les effets positifs des politiques énergétiques. Par exemple, la France s’engage dans le nucléaire, sans quoi elle ne pourrait atteindre ses objectifs climatiques. Cependant, la question du nucléaire est à nouveau débattue en France dans ce contexte électoral et de guerre entre l’Ukraine et la Russie. Mais il est important de mesurer les risques dans le temps : vivre avec des températures supérieures à 2-3°C ou vivre avec un mode énergétique faible émetteur en CO2.

Mme Susana Rivero Baughman, Conseillère aux affaires étrangères et à la coopération auprès du Secrétaire de l’Action pour le Climat du Gouvernement de Catalogne, a présenté les actions de l’Internationale Libérale au Comité pour la Justice Climatique, qui a récemment adopté un document d’orientation intitulé “Perspectives libérales sur la justice climatique”. Mme Baughman a souligné le manque d’actions entre le changement climatique et les droits de l’homme et c’est ce que l’International Libérale souhaite faire en ayant notamment développé un laboratoire politique et en renforçant sa présence dans les COP et les forums internationaux. Elle a enfin souligné que la COP 27 offrira de nombreuses opportunités pour l’Afrique.

M. Sveinung Rotevatn, ancien ministre du climat et de l’environnement en Norvège, a développé une évaluation des réalisations de la COP 26. Pour M. Rotevatn, la COP 26 a été un succès pour 3 raisons :

  • Le Rule Book de l’Accord de Paris a été terminé. Il constitue un cadre commun entre les Parties.
  • Augmenter l’ambition. Les grands pays émetteurs augmentent leurs ambitions, la plupart des pays augmentent leurs ambitions en matière de CDNs, les Etats-Unis sont de retour dans l’Accord de Paris et nous maintenons l’objectif des 1,5°C.
  • Un engagement suffisant pour augmenter le financement : le monde en développement peut avoir confiance dans les mécanismes de financement. Les pays industriels promettent de doubler leur financement pour le climat. Des engagements ont été pris et ont été bien accueillis par la plupart des pays en développement.

Il a ensuite expliqué qu’après deux années de pandémie mondiale, nous n’avons pas perdu de vue l’aspect à long terme des crises climatiques. Il a ensuite souligné que la Norvège est l’un des principaux financeurs et que le pays va doubler ses efforts en matière de finance climat, notamment pour la préservation de la forêt tropicale et l’atténuation et l’adaptation. Il a enfin déclaré que la taxe sur la pollution est un outil nécessaire pour une transition équitable et soutenir la transition climatique au niveau national. Au niveau mondial, la finance climatique est un outil nécessaire.

Mme Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la coopération internationale, a expliqué en trois messages quels seront les objectifs et les opportunités de la COP 27 :

  • La COP 27 sera impartiale, même si cette COP est organisée en Afrique.
  • L’adaptation et la résilience seront au centre des débats et constituent l’un des principaux résultats de la COP 26.
  • Accroitre l’engagement à l’action.

Mme Al-Mashat a mis l’accent sur les résultats de Glasgow, en posant des questions ouvertes auxquelles il faudra répondre lors de la COP 27 : le rôle du secteur privé doit accroitre “Nous passons de milliards à trillions”. Il est également important de réfléchir à la façon dont nous pouvons rendre opérationnel ce qui a été promis. Comment dérisquer les investissements verts ? Comment pouvons-nous créer des opportunités pour la blended finance? Les projets financés ne sont pas assez opérationnels. Comment pouvons-nous tirer parti des pays qui ont réussi et les reproduire ?

The Bridge Tank et l’Agence Française de Développement organisent leur dernier atelier sur l’économie bleue

Le 16 mars 2022, The Bridge Tank a organisé le dernier atelier d’une série de trois avec le mandat de l’Agence française de développement sur l’économie bleue dans la baie du Bengale (Bangladesh, Inde, Sri Lanka). Cet atelier visait à identifier les coopérations bilatérales et régionales possibles avec l’apport du savoir-faire français dans le domaine maritime. Il visait également à ouvrir la conversation pour concevoir des solutions que la partie française pourrait apporter en réponse aux défis identifiés lors des deux premiers ateliers en collaboration avec les acteurs clés de la région de la Baie du Bengale.

Les discussions se sont principalement construites sur 6 leçons identifiées lors des deux premiers ateliers :

  • Le rôle de l’économie bleue dans la région
  • Le rôle des données
  • Améliorer la coordination
  • Renforcer la coopération entre le privé et le public
  • Promouvoir le renforcement des capacités institutionnelles en matière de collecte de données et de coordination
  • Développer des projets pilotes

Cet atelier a été séquencé en trois panels qui se sont tenus à huis clos.

Panel 1: Coopération et ambitions institutionnelles au niveau régional avec l’appui du savoir-faire français

Modérateur: Dr. Joël Ruet, Président, The Bridge Tank

  • Dr. (Mme) Hélène Djoufelkit, Directrice de la Recherche, AFD
  • Mme Runa Khan, Fondatrice et Directrice, Friendship NGO
  • M. Daniel Fernando, Co-fondateur, Blue Resources Trust, Sri Lanka
  • Dr. Arnab Das, Directeur et Fondateur, Maritime Research Centre, Inde
  • M. Matthieu Piron, Chargé de mission, Bureau des affaires européennes et internationales, Service pêche maritime et aquaculture durables, Direction Générale des Affaires Maritimes, de la Pêche et de l’Aquaculture, Ministère de la Mer
  • M. Benoît Gauthier, Chef du service économique régional, Ambassade de France en Inde
  • Vice-Amiral Pradeep Chauhan, Directeur Régional, National Maritime Foundation, Inde
  • Dr. P. Krishnan, Directeur, Bay of Bengal Inter-Governmental Organization (BOBP-IGO)

Panel 2: Développer des projets viables au niveau national et régional pour améliorer les chaînes de valeur de l’économie bleue.

Modérateur: Dr. Joël Ruet, Président, The Bridge Tank

  • M. Manish Singhal, Secrétaire général adjoint, Federation of Indian Chambers of Commerce & Industry (FICCI), Inde
  • M. Martin Lemenager, Directeur principal de programme pour l’infrastructure, AFD Indonésie
  • Loïc Monod, Chargé de mission en bioéconomie, France AgriMer
  • M. Nicolas Vuillaume, Représentant de l’Océan Indien, Collecte Localisation Satellites (CLS)
  • Dr. Mostafa A. R. Hossain, Professeur, Biodiversité aquatique et changement climatique, Département des poissons, Biologie et génétique, Université agricole du Bangladesh
  • Dr. Arnab Das, Directeur et Fondateur, Maritime Research Centre, Inde
  • M. Aruna Maheepala, Chargé de recherche senior, National Aquatic Resources Research and Development Agency (NARA), Sri Lanka
  • M. Shri Aditya Dash, Vice Président, Marine Products Export Development Authority (MPEDA), India
  • M. Bruno Bosle, Directeur pays, AFD Inde
  • M. Reda Souirgi, Directeur pays, AFD Sri Lanka, représenté par Mme Panchali Ellepola, Chargée de projet
  • M. Benoît Chassatte, Directeur pays, AFD Bangladesh

Panel 3: Renforcer les ressources partagées par le biais d’un réseau régional & conclusion générale.

Modérateur: Dr. Joël Ruet, Président, The Bridge Tank

  • Mme Afifat Khanam Ritika, Chargée de recherche, Bangladesh Institute of Maritime Research and Development
  • M. Pattabhi Rama Rao, Directeur de groupe, Groupe d’observation, de modélisation et d’assimilation des données océaniques, Indian National Center for Ocean Information Services (INCOIS)
  • Dr. (Mme) Hélène Djoufelkit, Directrice de la Recherche, AFD
  • Dr. Joël Ruet, President, The Bridge Tank
  • M. Jacky Amprou, Directeur regional Asie du Sud, AFD

L’esprit de ce projet est d’organiser une série de trois ateliers, co-organisés par The Bridge Tank et l’Agence française de développement. Le premier atelier, qui a été organisé le 26 novembre 2022, avait pour but de rassembler les réflexions stratégiques des participants avant de développer une interaction croissante entre eux et les instituts et décideurs politiques lors du second atelier, le 21 janvier 2022.

Lire notre rapport (en anglais) ici et le résumé exécutif (en anglais) ici 

Regarder le replay de notre workshop ici (en anglais)

Thème : Overlay par Kaira.
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