Financement de l’économie africaine : Accompagner la Modernisation des Economies

Par Clarisse Hida et Joël Ruet

A l’heure où va se tenir le 18 mai 2021 à Paris le Sommet sur le financement de l’économie africaine, à l’invitation d’Emmanuel Macron et avec les chefs d’Etat et de gouvernement africains, la réflexion doit aller bien au-delà du refinancement de la dette souveraine, pour intégrer les dynamiques d’un système financier africain en plein transformation, secteur bancaire compris, tant au niveau du secteur privé que des banques commerciales.

L’Afrique s’est montrée résiliente depuis la crise économique de 2008 avec une dette contrôlée jusqu’au covid, et, pour de nombreux pays, contractée en lien à une transformation, un essor de l’assiette fiscale, et des marges restantes à ce niveau en terme de soutenabilité. Mais surtout le continent, et notamment le sous-continent de l’Afrique sub-saharienne, a démontré un essor réel de ses économies servi par la croissance de banques panafricaines à aujourd’hui mieux accompagner internationalement.

Mais aujourd’hui l’Afrique reste sous-bancarisée, et un traitement « classique » des économies africaines par les outils du système bancaire éventuellement appuyés par un outil public multilatéral pour l’évaluation correcte des risques, incluant les enjeux de ‘notation’, semble prometteur.

POINTS CLÉS
Il convient d’aborder la question du financement et de la croissance africaine par :
–       Le maintien de l’aide publique au développement dans un contexte de COVID-19 qui, en soi, ne constitue pas un risque spécifique à l’Afrique.
–       La relance des investissements publics et privés étrangers en Afrique, en améliorant la perception des opportunités africaines, dont la notation plus juste des actifs financiers privés comme souverains.
–       Et enfin, l’appui à l’accès aux marchés de capitaux par les banques commerciales puisqu’il est clair que de nombreux régimes bancaires sont sains et ne doivent être ni sous-exploités ni même, sous-estimés.

Dans chacune des pistes proposées, la communauté internationale doit jouer un rôle d’intégrateur ou d’intermédiaire qui dépasse le cadre de l’aide au développement. Cette triple approche permettrait d’aborder de nouveaux types de financeurs, qui sauraient mieux saisir les spécificités et les stratégies des Etats, notamment, mais pas seulement, vis-à-vis de la dette et de son refinancement.

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