Dakar – Dîner-Débat de mise en place du Réseau des Parlementaires pour la Bonne Gouvernance des Ressources Minérales (RGM)

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Le président du Bridge Tank, Joël Ruet, était à Dakar au Sénégal le 30 septembre dernier, invité comme keynote speaker à l’occasion d’un dîner-débat sur le thème « Les défis de la gouvernance des ressources minérales ». Cette soirée avait pour objet le lancement du Réseau des Parlementaires pour la Bonne Gouvernance des Ressources Minérales en Afrique de l’Ouest (RGM).

Ce réseau existait déjà au niveau national (Réseau des Parlementaires pour la Bonne Gouvernance des Ressources Minérales au Sénégal), mais la prise de conscience des enjeux communs à plusieurs pays a poussé à la création d’un réseau régional. Il a pour but de rassembler les parlementaires des pays membres de la CEDEAO, afin de réfléchir à l’harmonisation des législations au niveau régional et à la gouvernance des ressources minérales dans la zone. L’Afrique de l’Ouest dispose en effet d’un potentiel de ressources particulièrement riche : or, phosphate, fer, marbre, zicon, ilménite, pétrole, gaz, uranium. Il s’agit d’un levier de développement considérable, mais qui nécessite une gestion publique et des réformes effectives et efficaces.

 

Le dîner du 30 septembre rassemblait donc parlementaires des pays de l’Afrique de l’Ouest et en particulier du Sénégal, compagnies minières et pétrolière mais aussi ONGs, membres de la société civile et journalistes, afin de débattre sur la gouvernance des ressources minières. Joël Ruet faisait partie des intervenants et a insisté sur trois aspects concernant le sujet :

 

– Au niveau du cycle minier et de sa régulation, de non seulement favoriser la transparence des licences, objet du réseau, mais de penser en amont les clauses d’exécution et de les lier au renouvellement des licences; de réfléchir à la titrisation des gisements – rendre plus liquide la propriété et favoriser le financement de l’exploration-développement en séparant la propriété / responsabilité réalisation, du financement. Il a précisé que le modèle de partenariats public privé peut s’avérer utile à ce titre

 

– Au niveau régional ,envisager des consortiums de réserves et de gisements ainsi que le développement prioritaire des gisements optimaux et des mécanismes de redistribution pour éviter les phénomènes de surcapacité ou d’exposition aux retournements de marché

 

– Mondialement, considérer que nombre de « marchés » sont en réalité des oligopoles ou oligopsones et dans ce cas envisager non pas la rentabilisation par le marché mais plutôt des partenariats industriels stratégiques de long terme. Là encore le pré requis est la transparence et le réseau a est utile.

 

Enfin, il a souligné que la récente découverte de gaz au Sénégal, combinée à la présence de phosphate, pourrait rendre viable la transformation locale en engrais. Celle-ci accompagnerait bien la politique d’autonomie alimentaire mise en œuvre dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).